La fréquence de la maladie semble augmenter depuis 20 ans, sans qu'on sache bien l'expliquer. La cause de cette maladie est aujourd'hui encore mystérieuse. Elle a probablement un caractère génétique, et elle est surtout fréquente dans les populations blanches originaires d'Europe ou d'Amérique du Nord.
La maladie évolue par poussées, plus ou moins sévères, entrecoupées d'épisodes de calme relatif. Les zones qui ont été malades cicatrisent en devenant fibreuses, ce qui réduit leur capacité à absorber les aliments et provoque parfois un rétrécissement.
Au fil du temps de nombreuses complications émaillent l'évolution de ces malades. Les plus fréquentes sont les occlusions intestinales (dues aux rétrécissements) et les cancers digestifs (notamment du colon), ce qui justifie des examens par endoscopie (colonoscopie) relativement fréquents.
Le traitement permet souvent de calmer les symptômes (douleurs, saignements, etc.) mais pas de guérir radicalement la maladie. Ils utilisent essentiellement de la mésalazine en suppositoires ou en lavements (Pentasa°, Rowasa°) et de dérivés de la cortisone, sous forme de lavements (Betnesol°, Rectovalone°) ou de mousse rectale (Colofoam°, Proctocort°), ou si besoin par voie générale (par la bouche ou en injections). Dans certains cas, le traitement par la cortisone doit être permanent. Un patient sur deux est finalement opéré un jour ou l'autre, et une portion plus ou moins importante de l'intestin malade est enlevée en raison de poussées très fréquentes et mal contrôlées par les médicaments, de saignements trop abondants, d'une occlusion intestinale ou d'une menace d'occlusion, d'une suspicion de cancer, etc.) On estime que 50 % des patients opérés doivent subir un jour une seconde opération, et ainsi de suite.
Mais au bout du compte, il semble que l'efficacité des traitements locaux (mésalazine et cortisone) et les progrès de la chirurgie ont permis d'augmenter l'espérance de vie des malades atteints de maladie de Crohn qui est à présent peu différente de celle de la population générale.source
Malgré les travaux nombreux qui lui sont consacrés, la(les) cause(s) de la maladie de Crohn est encore totalement inconnue.
Le traitement de cette affection repose donc sur des bases empiriques, et il reste purement suspensif.
Le but du traitement médical est double; il a pour premier objectif de contrôler les poussées et de traiter certaines complications; son second objectif vise à prévenir les rechutes après l'obtention d'une rémission.
A l'heure actuelle aucun médicament ne s'est montré capable d'atteindre ces deux objectifs en toute circonstance.
[g]Symptômes
Les premiers symptômes
Des douleurs abdominales fréquentes, qui s'accentuent après un repas.
Des crampes d'intensité variable.
Une diarrhée chronique.
De la fatigue.
Un faible appétit et une perte de poids malgré un régime alimentaire équilibré.
Autres symptômes
Du sang dans les selles en raison de l'inflammation.
Une anémie par manque de fer, due aux hémorragies ou à un défaut d'absorption.
L'évacuation de glaires (ayant la consistance du blanc d'oeuf) avec les selles, un signe de production accrue de mucus.
Une légère fièvre (39 ºC à 40 ºC), dans les cas sévères.
Des douleurs aux articulations.
Personnes à risque
Avoir des antécédents familiaux de maladie inflammatoire de l'intestin (observée dans 10 % à 25 % des cas).
La communauté juive est de quatre à cinq fois plus touchée par la colite ulcéreuse que les autres populations.
Facteurs de risque
Les facteurs de risque suivants sont de l'ordre de l'hypothèse, puisque les médecins ne connaissent pas encore bien l'origine de la maladie de Crohn. Ils agissent peut-être davantage en aggravant le cours de la maladie qu'en augmentant le risque initial d'en souffrir un jour.
Le tabagisme.
La pollution environnementale (pour les personnes qui vivent dans les grandes zones urbaines ou industrielles).
Les facteurs alimentaires, comme une alimentation riche en sucre, en aliments raffinés et en mauvais gras, et faible en fruits et légumes. Ou encore des allergies alimentaires.
Le stress et l'anxiété.
Aucun moyen de prévenir la maladie de Crohn n'est connu. Tout de même, il est possible de réduire le nombre des épisodes aigus par des mesures assez simples : bien suivre son traitement et accepter de modifier certaines habitudes de vie.
Comme il s'agit d'une maladie qui fragilise le système digestif, tout ce qui passe à travers ce système (en touchant inévitablement les parois enflammées) a nécessairement une influence sur l'état de la personne atteinte. Même si on ne connaît pas bien le rôle de l'alimentation comme cause de la maladie de Crohn, les spécialistes savent que certains aliments et certaines boissons aggravent les symptômes tandis que d'autres sont mieux tolérés. Une diète spécifique sera élaborée pour chaque patient, un aspect fondamental de la prise en charge de la maladie.
Les événements stressants peuvent entraîner des épisodes de diarrhée. Il est donc important de se détendre, à court terme, mais aussi d'apprendre à modifier (à long terme) sa manière d'appréhender les situations stressantes et d'y réagir. Consulter notre dossier Le stress et l'anxiété pour découvrir les multiples moyens d'y parvenir.
Les causes exactes de ces maladies, qui se manifestent le plus souvent par des douleurs abdominales, des saignements et une perte de poids, demeurent encore malconnues. Une seule chose est sûre : maladie de Crohn et recto-colite hémorragique sont toutes les deux caractérisées par une inflammation des intestin . Elles sont souvent très invalidantes au quotidien. Aucune guérison n'est à l'heure actuelle vraiment possible, les moyens thérapeutiques étant resté jusqu'ici essentiellement symptomatiques (immunosupresseurs et anti-inflammatoires.) La recherche avait marqué un pas important ces dernières années : « Nous savons en effet que l'inflammation est due à la présence au niveau des lésions de molécules particulières ( le TNF alpha et l'IL-1 bêta )appelées cytokines inflammatoires - qui se fixent à la surface des cellules intestinales », explique le Pr Desreumaux.
Et on connait donc actuellement le role de l'hérédité dans la maladie de CROHN : un gène ,le gène de l 'interleukine 23 est impliqué dans la maladie de crohn et dans la RCH Un variant codant de ce gène (rs11209026, c.1142G>A, p.Arg381Gln) confère une forte protection vis-à-vis de la maladie de Crohn, alors que les autres variants majorent le risque de Maladies Inflammatoires Chroniques Intestinales.
La fréquence des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin - maladie de Crohn et recto-colite hémorragique - n'a cessé d'augmenter depuis un demi siècle . Nous sommes face à un réel problème de santé publique . La maladie de Crohn est une maladie inflammatoire pouvant atteindre n'importe quel segment du tractus digestif depuis la bouche jusqu'à l'anus. C'est une maladie chronique comportant des phases d'activité (ou « poussées ») d'intensité variable alternant avec des phases de rémission plus ou moins complète et prolongée. Elle a été décrite pour la première fois en 1932 par un médecin américain : Burril B Crohn. La maladie peut intéresser simultanément ou successivement un ou plusieurs segments du tube digestif. Cependant elle siège le plus souvent sur le gros intestin ou côlon (il s'agit alors d'une colite : le suffixe -ite désignant une inflammation), sur la partie terminale de l'intestin grêle ou iléon (iléite) ou sur les 2 segments (iléo-colite).
